La poussée traditionaliste

P.-Nicolas-de-Bremond-d-Ars

par Nicolas de Brémond d’Ars*

Avec les cinquante ans du concile Vatican II, resurgit de façon lancinante le phénomène du « traditionalisme », qui persiste et empoisonne, d’une certaine manière, ceux qui ont accueilli le concile dans l’obéissance et la foi.

Distinguons comme il se doit l’intégrisme du traditionalisme. D’un côté ceux qui ont rompu avec la « grande Église », à la suite de Mgr Lefebvre ; ils sont schismatiques. De l’autre, ceux qui maintiennent le lien mais promeuvent des idées et des pratiques similaires. Ils se nomment « Paix liturgique » ou « Institut du Bon Pasteur », ne sont pas en accord sur tous les points, ce qui leur permet de « ratisser plus large » : il vaut mieux se représenter les différents groupes comme des courants convergents, dont l’emplacement par rapport à la « frontière » du schisme s’étage du plus au moins proche.

La liturgie et son exercice cristallisent les divergences. La « messe de toujours » (qui n’est, bien entendu, que la messe précédant immédiatement Vatican II) est opposée à celle de Paul VI, supposée « brader le sacré ». Les spécialistes de liturgie ne cessent de nous rappeler combien la messe a évolué, mais cette « messe de toujours » est une référence imaginaire, qui organise le monde des représentations de ceux qui en acceptent le concept.

Il existe une gamme de revendications liturgiques pour évoquer le « sacré ». L’inventaire en est fastidieux. La ligne de partage entre ce qui est « traditionaliste » et ce qui n’est qu’un « conservatisme » serait la conjonction de quelques points : formalisme cultuel (parfois exacerbé) ; stricte séparation des espaces, le chœur étant réservé au prêtre ; docilité des fidèles face au prêtre, accompagnée d’un respect révérencieux ; postures de la messe (communion dans la bouche, génuflexions et inclinaisons profondes) ; usage du latin et du chant grégorien. Un seul de ces points observé ne justifie pas que l’on qualifie l’attitude de traditionalisme. L’affaire tourne autour de la séparation entre clergé et fidèles, mise en évidence par le refus d’une certaine « familiarité » qui est, de fait, une caractéristique des relations post-Vatican II. Tutoyer le prêtre, aller et venir dans le chœur, participer à l’élaboration de la liturgie : autant de signes qu’on est « conciliaire ».

D’autres traits caractérisent le traditionalisme. Il dénoncent, avec l’intégrisme, le dialogue interreligieux, le « relativisme » – c’est-à-dire l’acceptation d’autres vérités (même partielles) que celles de l’Église catholique romaine –, la tolérance face aux pratiques « déviantes » (qui portent essentiellement sur la famille et la sexualité). Entre conservatisme prudent et militance active, cependant, on trouve toutes les attitudes.

La question centrale est celle de la « communion hiérarchique », c’est-à-dire de l’articulation entre le « personnel permanent », les clercs, et les fidèles laïcs. Certes le peuple est habité par l’Esprit Saint, mais l’autorité, disent les traditionalistes, est l’apanage du Magistère, pour éviter que les factions ne divisent le peuple. Assurer la communion entre tous est la grande affaire de l’Église, qui a adopté à cet effet différentes formes institutionnelles. Les Xe-XIe  siècles formalisent la distinction entre clergé et laïcs, entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel. L’Europe a ainsi été préservée de toute théocratie (comme au Tibet contemporain), puisque la séparation a permis, avec plus ou moins de dégâts collatéraux, un dialogue parfois musclé entre politique et religion.

Le Concile de Trente, face à la Réforme, confie aux prêtres le soin de rétablir une situation vertueuse. Les pays d’Europe sortent d’un siècle de guerres religieuses. L’Église catholique est consciente de la « réparation » nécessaire. Le Christ, qui a livré sa vie pour les pécheurs, en est l’acteur unique. Tout tourne donc autour de son sacrifice pour la pacification du monde. La messe dont le prêtre est l’agent désigné devient l’acte salvifique par excellence. Le chœur est l’espace sacré où s’accomplit le mystère de salut (de rédemption).

Au XIXe siècle, changement radical de perspective. Avec l’émergence de la séparation entre l’Église et l’État en France, Dom Guéranger impose une réforme liturgique. L’autorité de l’Église passe peu à peu des évêques au pape, la liturgie est unifiée et devient romaine et universelle. Elle est le signe de ralliement des « citoyens catholiques » contre une sécularisation grandissante. Le prêtre demeure le pilier de la liturgie, laquelle en tire une dimension militante : elle est signe de reconnaissance et d’affirmation catholique.

Lorsque Vatican II officialise le prêtre face au peuple, et permet aux laïcs de participer à la liturgie, il semble tourner le dos à cette histoire. En réalité, il prend acte des profondes transformations politiques, culturelles et sociales du monde. L’Église met fin à la confrontation hostile avec la modernité. La liturgie reste romaine, mais sa langue est celle de la culture locale, elle trouve une place qui n’est plus « politique », vis-à-vis de la société civile, mais à usage interne.

La position du prêtre en France en est transformée. Les traditionalistes sont orphelins de cette perte, et nous en font porter la responsabilité.

* Nicolas de Brémond d’Ars, sociologue et prêtre du diocèse de Paris. Auteur, en particulier de Catholicisme, zones de fracture, que devient le catholicisme en France ? Bayard 2010, 200 pages, 19€

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25 Commentaires

Classé dans comprendre le Concile

25 réponses à “La poussée traditionaliste

  1. Anne-Marie H.

    La discussion entre N. de Brémond d’Ars et les intervenants attachés aux formes traditionnelles de la liturgie est assez lassante pour ceux, parmi les visiteurs du site, qui ne connaissent pas intégralement ni dans le détail la lettre des textes du concile ni des textes ultérieurs sur le sujet, c’est-à-dire presque tout le monde… Il me semble d’ailleurs que le fond du problème n’est pas ce qui est écrit dans tel ou tel texte, mais quelle est la fonction de ces textes, dans quel esprit ils doivent être lus et appliqués. Où encore, plus largement, qu’est-ce qui fait l’Église? Qu’est-ce qui fait qu’un rassemblement dominical est une Eucharistie? Je ne me hasarderai pas à proposer des réponses, mais je crois que ceux qui ne sont pas d’accord entre eux à propos de la liturgie ne le sont pas non plus sur la question: qu’est-ce que l’Église?

  2. F. ROGER

    Mon père,
    Permettez-moi de penser qu’un tel article aurait nécessité des citations précises des textes du concile. Il est regrettable que beaucoup ne connaissent de ces textes que ce que l’on veut bien leur en dire. Les ayant lus -mais étant certes loin de les connaître par coeur, je le reconnais – il me semble y avoir davantage trouvé ce que Loïc dit dans son commentaire que ce que vous affirmez. Peut-être aurez-vous l’obligeance de m’éclairer ? D’autres textes ont d’ailleurs suivi le Concile depuis cinquante ans pour lui apporter les précisions nécessaires, et en en ce qui concerne la liturgie l’instruction « Redemptionis Sacramentum » a reprécisé les choses ; je n’avancerai pas comme Denis un pourcentage, mais je ne suis effectivement pas convaincue que cela soit ce qui se pratique dans la majorité des paroisses françaises. La confiscation de la liturgie, qui ne nous appartient pas, est aussi -et d’abord- opérée par les abus liturgiques.

    • Camille

      @F.Roger
      Ne vous inquiétez donc pas si vous ne savez pas cela par coeur, je ne pense pas que c’est là-dessus que nous serons jugés !!! Il y a peut-être d’autres urgences dans l’amour de Dieu et du prochain, les deux premiers commandements nous dit le Christ. Relisons Matthieu chap. 23, v.1-36.

    • Jean-Pierre Gosset

      En bref, Roger, vous avez raison. Depuis 50 ans, curie + papes ont pondu des textes infaillibles confirmant les phrases et expressions acceptées à contre cœur par la majorité conciliaire (90%) soucieuse de conciliation avec la minorité (moins de 5%). La machine Vaticane en a profité pour écraser le concile par le jeu de nominations et de « procès » dont l’ex st office a gardé le secret, elle a tenté de faire croire aux naïfs qu’il faut 100 ans pour « digérer » un concile, alors qu’elle a mis moins de 10 ans pour « juger » le concile néfaste, elle a enfin préservé ses arrières en s’associant aux riches et aux puissants. Je vous laisse à vos certitudes préférant à ces écrits calamiteux, dont je connais les relents liés à une digestion difficile, les parfums d’intelligence de l’exégèse contemporaine*.
      * En cours « Introduction à l’ancien testament « (Th Römer, J-D Macchi et Ch Nihan, …), et « Que sait-on du nouveau testament » (R. E. Brown).

  3. Loic

    je voudrais dire plusieurs la première concerne la sainte Messe célébrée selon l usage antique de Saint Pie V, aujourd’ hui appelée forme extraordinaire du rite romain. cette Messe ne date pas seulement du XVeme mais contient l une des plus anciennes prières liturgiques de l Église remontant au Vème siècle, le Canon.

    Par ailleurs concernant le Concile, durant lequel la Messe traditionnelle était seule célébrée, n a jamais supprimé l orientation du prêtre, le latin ou encore le gregorien. au contraire si la Messe Paul VI était célébrée convenablement elle devrait être face à Dieu, le Christ étant le sol oriens, en latin et gregorien. Donc les assertions sur le Concile et le latin sont évidemment ou alors Bremond n a jamais lu un Missel et les textes du Concile dont Sacrosanctum Concilium.

    Pour le reste cette haine du traditionalisme est compréhensible tant la Foi catholique les sacrements le Salut et donc le Bon Dieu sont le cœur de cette amour éternelle de L Église, Jésus Christ répandu et communiqué.

    • Loic

      veuillez m excuser pour les mots oubliés et faute de frappe j écris depuis mon téléphone

    • Jean-Pierre Gosset

      Loic. Pour autant que je sache déjà au V ème siècle la carapace sacrée avait été tissée par les « Pères de l’Église » et cela a continué, et a semblé culminer au moyen-âge, avant un nouveau sommet à la fin du XIX ème siècle avec l’infaillibilité mise depuis à toutes les sauces. Le plus grand risque pour l’Église des baptisés est le repli d’une maigre fraction d’entre eux sur le sacré qui a fait de la foi un néo-paganisme. Craignant que cela vous semble incompréhensible -peut-être blasphématoire- je précise un peu.
      Dès le II ème siècle le culte des martyrs (chrétiens exécutés parce qu’ils refusaient de faire allégeance à l’Empire, dont l’Empereur se croyait l’égal d’un Dieu bien qu’il fut mortel) a commencé d’être érigé, puis vint le culte des saints et des reliques, … évidemment, avec les décrets impériaux autorisant, à partir du IV ème siècle la destruction de ce qui rappelait les cultes « païens », les chrétiens, évêques en tête, « tendirent la joue gauche » en martyrisant les « païens », en détruisant leurs lieux de cultes. Ils s’approprièrent leurs biens faisant plus de dégâts humains et matériels que les persécutions à l’encontre des chrétiens, … et l’institution poussa ses troupes à se battre, de manière barbare contre ceux qui n’acceptaient pas son joug: croisades, éradication des hérésies, bûchers de sorcières, baptêmes forcés d’Afrique puis du nouveau monde par le fer et le feu. Le « sacré » qui enrobe l’institution est ainsi en continuité avec les mythes antérieurs et la loi du plus fort. Il dénature la foi et en fait obligatoirement une source de pouvoir.
      Il ne s’agit pas des beautés du latin et des rites -beautés qu’il m’arrive d’apprécier-, non plus que des beautés de la construction intellectuelle que représente la tradition. Il s’agit de la foi de la samaritaine, bien peu compatible avec celle du grand-prêtre.

  4. marcarie

    Nous souffrons actuellement dans notre paroisse de ce retour aux traditions:cela entraine le refus des prêtres de la participation des laïcs pour donner la communion et plus grave un retour d’un Dieu qui punit.Et cela depuis la nomination de mgr Aillet,qui fait venir des communautés thomas becket ,chanoine de la mère de dieu, communauté saint martin dans différentes paroisses.
    Les fidèles ne sont ni écoutés ,ni respectés.QUE FAIRE ?

    • michel

      MARCARIE, je vous comprends dans le grand désarroi où vous êtes plongée! Pour ma part si j’étais dans votre situation, j’abandonnerais toute participation pour ne pas cautionner une fausse image de Dieu notre Père, qui n’est qu’Amour! Ou bien il faudrait que tout le peuple s’insurge contre cet vêque et sa suite….

    • emmanuel franc

      Curieux ; vous citez la communauté saint martin, mais dimanche dernier à la messe à 11h à biarritz, avec les deux prêtres, il y avait une religieuse (en civil) et une autre dame en plus des deux prêtres qui donnaient la communion : soit vous parlez sans savoir, soit vous mentez sciemment : les deux sont graves.
      Ensuite, juste une question : où sont les porteurs de votre vision de l’église pour demain ? uniquement et seulement les fidèles laïcs ?
      donc plus de sacrements ? Car vos ctés paroissiales sont plus que vieillissantes et vos séminaires sont vides ? Donc criez contre votre évêque, d’accord, mais apportez-lui des solutions viables ….

  5. Jean-Pierre Gosset

    @Camille.
    Cette souffrance est abordée dans la conférence de Nicolas de Br (AG CCBF d’octobre, site baptisés.fr). Partagée avec bien des « laïcs », cette souffrance a cependant une nature particulière pour ceux qui sont liés par des vœux auxquels, quant au fond, ils adhèrent profondément. Mais la forme, qu’impose le système institutionnel, confronte la plupart, un jour ou l’autre, à une souffrance a-humaine. Certains avec courage « partent », d’autres, avec le même courage, « restent ».

    • Camille

      @ J.P.Gosset.
      Oui,bien sûr que les laïcs la partagent mais ils ont plus de lieux et de liberté , je pense, pour s’exprimer. La « parole » circule plus facilement car après tout, cela porte moins à conséquence d’être un « mauvais » laïc qu’un « mauvais » prêtre ….Non ?
      Mais je me permets de revenir à l’article de N. de Bremond d’Ars. Je suis allée sur le site de la CBF et je ne l’ai pas trouvé.
      Merci de m’aider encore ….

  6. Bremond d'Ars

    @denis Crouan : quand on accuse, il faut des preuves… que savez-vous de ce que je sais ?
    @diakriseis : vous avez raison pour les Etats pontificaux, qui ont représenté jusqu’à la fin du XIX° sicèle un dernier avatar de collusion entre pouvoir civil et pouvoir religieux. Mais si je considère le Gallicanisme (déclaration de 1682), je constate que l’Eglise a des marges de manoeuvre face au politique. Quant à savoir si et comment elle les utilise, c’est une autre histoire.
    Pour ce qui est des patriarcats, je suis d’accord avec vous, c’est une question récurrente, mais qui soulève des problèmes pour penser le rapport d’autorité et de communion dans le catholicisme romain (voir mon itnervention à l’AG).

  7. Hélène

    Quel article superficiel !

  8. Camille

    J’aimerais juste retrouver le texte de N.de Brémond d’Ars sur la « souffrance  » du clergé. Je l’avais parcouru mais je ne sais plus où. Pouvez-vous (Anne et Christine) m’aider ?

  9. Monsieur,
    Votre façon de parler du Concile en affirmant qu’il a officialisé le prêtre face au peuple et la participation des laïcs à l’élaboration des célébrations liturgiques me permet de penser que vous connaissez très mal les textes de Vatican II et tout aussi mal le missel romain actuel. Peut-être devriez-vous sortir de l’univers liturgique franco-français et voir ce qui se fait dans d’autres pays où l’on s’efforce de célébrer la liturgie conciliaire sans la déformer ; vous verriez alors que ce qui se fait dans 90% des paroisses de France – y compris celles de Paris – ne correspond que de très très loin à ce qu’a voulu la réforme initiée par Sacrosanctum Concilium.

    • Anne-Marie H.

      J’aimerais bien que Nicolas de Brémond d’Ars réponde lui-même à cette intervention assez peu bienveillante. En attendant, je me contenterais d’une question: si vraiment, comme vous le dites avec une assurance un rien méprisante « ce qui se fait dans 90% des paroisses françaises ne correspond que de très loin à ce qu’a voulu la réforme intiée par Sacrosanctum concilium » , pourquoi les évêques l’ont-ils approuvé depuis deux générations? Quand au fait que les pratiques soient différentes dans d’autres pays, ça me paraît normal et sain. Les mêmes signes ne sont pas porteurs de la même signification dans tous les contextes culturels, l’important n’est pas la matérialité des gestes mais la façon dont ils sont habités par ceux qui les portent et reçus par ceux qui en sont témoins.

    • Diakriseis

      C’est quoi ce préchi-précha moralisateur, Anne-Marie H ? Parce que Brémond d’Ars il est bienveillant, lui, avec les Tibétains ?

    • Anne-Marie H.

      @ diakriseis

      OK, la prochaine fois, je n’essaierai même pas d’être polie. À part ça, vous faites allusion à des choses que j’ignore.

    • Thierry

      Anne Marie, D C est peut-être rude de langage, mais sur le fond il a raison. Par ailleurs il y a toujours eu des mauvais évêques (cf Talleyrand).
      Il y a 3 décalages :
      – entre la pratique et le missel français (ex: émission « le jour du seigneur »)
      – entre le missel français et le missel romain (sans raison sérieuse; ex: l’orate fratres)
      – entre le missel romain et ce que veut le Concile (ex: l’incitation à l’abandon de l’orientation durant la Prière Eucharistique).
      Dans les deux premiers cas, il s’agit d’orgueil et de bêtise. Dans le troisième de négligence (excusable ? vu l’époque) du Pape.
      Sans sectarisme ni aigreur, ce serait facile à rattraper, mais voilà …
      La Messe est devenue un truc où certains se font plaisir, sans souci du peuple universel. Il faut avoir été formé dans l’ancien rite pour trouver Dieu dans le nouveau tel qu’il se fait.
      Diakriseis, le problème est psychologique, les « intégristes » se perçoivent martyrisés à cause de leur fidélité à l’Eglise. Comment voulez-vous les rattraper ? Dans la pratique, ils ont souvent une attitude « moderne », mais ils ne le reconnaissent pas…

  10. Jean-Pierre Gosset

    Il semble qu’il manque des guillemets à « comme il se doit », pour être en cohérence avec ceux de « la grande Église ».
    Oui, les tradis sont orphelins de la lutte contre la sécularisation à peu près achevée en 1905. Heureusement pour l’Eglise, cette loi évita à l’Église en France de sombrer plus tôt dans le sectarisme traditionnel. Mais quand, au sortir de la 2de guerre, nos cardinaux se sont ralliés/soumis au Pape qui traquait les théologiens vivant avec l’Église, quand ils mirent fin à la mission, ils ont ouvert la parenthèse du concile que « nos » actuels cardinaux ont consciencieusement refermée. Les guillemets à « nos » expriment qu’ils ne sont pas de l’Église pour moi.

  11. Diakriseis

    Ce qui me parait le plus préoccupant chez les intégristes, est leur rejet de l’évolution des dogmes, en particulier sur la liberté religieuse. Le schisme me parait être un problème tout à fait secondaire. Par exemple la relation de Rowan Williams avec Benoît XVI, soucieuse de catholicité et de collégialité comme le montre sa participation au synode sur la nouvelle évangélisation (1), me semble être plutôt un exemple de bonne distance et de subsidiarité entre Rome et une église locale. N’est-ce pas Joseph Ratzinger qui disait dans son livre « Le nouveau peuple de Dieu » qu’on pourrait créer des patriarcats d’Afrique ou d’Amérique, relativement indépendants de Rome ? Yves Congar n’envisageait-il pas dans son article « le pape comme patriarche d’Occident » que Cantorbéry devait rester un patriarcat indépendant de Rome ?

    Vous écrivez « L’Europe a ainsi été préservée de toute théocratie »… Cela ne peut s’écrire qu’à condition de fermer les yeux sur les Etats Pontificaux qui englobaient une partie importante de l’Italie pendant plusieurs siècles (dernièrement durant la période 1815-1860) et le Vatican actuel qui en est la relique. Il me semble aussi me souvenir que Jeanne d’Arc a été mise en accusation par un évêque, donc un clerc, et non par un procureur laïc, et que c’est au nom de la foi de l’Eglise qu’elle a été mise à mort.

    Il n’y a pas actuellement de séparation entre le spirituel et le temporel au Tibet, puisque les autorités religieuses sont privées par le pouvoir politique de la possibilité de désigner le Panchen Lama en toute indépendance et en toute liberté.

    (1) http://www.vatican.va/news_services/press/sinodo/documents/bollettino_25_xiii-ordinaria-2012/03_francese/b09_03.html#INTERVENTION_DE_S.G._ROWAN_DOUGLAS_WILLIAMS,_ARCHEV%C3%8AQUE_DE_CANTERBURY,_PRIMAT_DE_TOUTE_LANGLETERRE_ET_DE_LA_COMMUNION_ANGLICANE_%28GRANDE-BRETAGNE%29_

  12. claudine onfray

    la volonté de rester en Eglise dans la vérité du 19ème siècle est contre l’Evangile ………..et ne suit pas les pas du Christ
    de plus elle est suicidaire!!
    mais peut-on imaginer un dialogue avec quelqu’un qui ne veut pas dialoguer car il détient la Vérité car Rome seule peut détenir la Vérité???
    la tradition est l’histoire qui s’écrit dans notre monde………
    nos textes sont une fontaine de village comme l’a si bien dit Jean XXIII!
    nous avons besoin de prophètes et non de gardiens du temple , de pasteurs et non de chefs
    nous avons surtout besoin d’espérer et de dire

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